1er juillet 2014 : plateau de Champagny-le-Haut
Article mis en ligne le 8 juillet 2014

par Philippe Pellicier
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Entre deux journées de pluies, ce qui s’annonce difficile en cet été 2014, nous nous sommes retrouvés huit pour cet après-midi sur la plateau de Champagny-le-Haut. Nous avons parcouru une boucle en partant du parking près du barrage, nous avons suivi la route jusqu’à la Chizerette, puis avons traversé le pont et sommes revenus le long de la forêt.
En fait la plus grande partie de l’herborisation s’est déroulée dans la prairie en bord de route près du parking. Notre but n’était pas de faire une grande marche, mais plutôt de prendre le temps de l’observation et de s’adapter aux personnes présentes, en particuliers à ceux qui ne connaissent pas ou peu les plantes en expliquant quelques bases de la classification. Ce qui peut rebutter au départ c’est se sentir submerger par des quantités de noms, mais quand on apprend à faire un peu de tri à l’aide de clefs simples, on acquiert assez vite une capacité à se repérer à travers les familles.

L’Herminium monorchis

Ce qui a guidé nos pas vers cette prairie c’est la recherche de l’herminium (Herminium monorchis) une petite orchidée aux fleurs blanchâtres discrète, mais qui est une plante assez rare, qui est protégée dans plusieurs régions de France et en particuliers en Rhône-Alpes. Nous avons pu la retrouver après un petit peu de recherche. Nous avons ensuite essayé de dresser la liste complète des plantes de cette prairie assez hétérogène, entre une pelouse avec des parties sèches à brome dressé et une prairie de fauche (Knautia arvensis, Valeriana collina, Campanula rhomboidalis, Lathyrus pratensis…), une partie avec quelques blocs rocheux (Rosa pendulina) et avec quelques espèces nitrophiles (Rumex ppseudoalpinus, Chenopodium bonus-henricus) ou de sol profonds en bordure (Polygonum bistorta). Assez proches les uns des autres nous avons pu entre autres, distinguer trois géraniums : le géranium des bois (Geranium sylvaticum), le géranium livide (Geranium phaeum) et le géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum).
Sur un gros bloc nous avons pu noter l’orpin à feuilles épaisses (Sedum dasyphyllum), l’asplénium septentrional (Asplenium septentrionale), la fétuque satinée (Festuca laevigata), le silène des rochers (Silene rupestris), le nerprun des Alpes (Rhamnus alpinus) et la vergerette de Gaudin (Erigeron gaudinii). Cet Erigeron glabre, présente de petit glandes sur toutes ses parties ce qui permet de le différencier des autres espèces qui poussent sur les rochers en montagne.
Un peu plus loin nous nous approchons d’une zone de végétation dans des blocs rocheux ou la floraison d’un lys orangé nous a attiré. Là nous notons avec le Lys (Lilium bulbiferum subsp. croceum), la jourbarge de montagne (Sempervivum montanum), le laser à feuilles étroites (Laserpitium siler), la clématite des Alpes (Clematis alpina) en fruits avec ses élégants pompons, la grande digitale (Digitalis grandiflora), l’aconite tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia). Dans cette zone nous distinguons quatre églantiers : l’églantier des Alpes (Rosa pendulina) sans épines, aux feuilles à 9-11 folioles, l’églantier glauque (Rosa glauca) aux rameaux rouge et aux feuilles très glauques, l’églantier tomenteux (Rosa tomentosa) aux feuilles velues et glanduleuses en dessous, aux pédicelles floraux couverts de glandes rouges, aux sépales étalés après la floraison, aux aiguillons (épines) grêles et presque droits et l’églantier des chiens (Rosa canina) entièrement glabre et sans glandes.
Dans ce secteur nous avons peu aussi observé un accouplement de nacré porphyre (Boloria titania), papillon en damier orange et noir, dont le revers des ailes présentes des teintes violacées. Nous avons peu aussi observer une chenille en train de se fixer pour se chrysalider.
En bordure d’une prairie de fauche nous observons deux centaurées : la centaurée nervée (Centaurea nervosa) au fleurs roses, aux bractée du capitules formant un « chignon » quand la plante est en bouton et la centaurée de montagne (Centaurea montana) aux fleurs bleues, aux feuilles cotonneuses et décurrentes sur la tige. Au bord de la prairie un tapis dense nous attire, des feuilles fines et planes et un épi surmonté s’une bractée, inflorescence typique d’un jonc. Ses fleurs ne sont pas épanouies mais on peut reconnaître le jonc compressé (Juncus compressus).
Sur l’autre rive nous observons la myricaire d’Allemagne (Myricaria germanica) un arbuste aux feuilles très glauques et fleurs en épis roses qui évoque les tamaris. C’est une plante que l’on rencontre rarement dans les zones alluvionnaires.
En lisière de la pessière avant de retraverser le torrent nous observsons sous les épicéas (Picea excelsa), deux fougères – la fougère à moustache (Phegopteris connectilis) et la fougère de linnées (Gymnocarpium dryopteris) – le saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia) et le saxifrage à feuilles en coins (Saxifraga cuneifolia). Dans la mousse sur le sol forestier nous notons la présence d’un champignon en coupe noire avec un pied cotelé blanc, il s’agit d’une helvelle, Helvella confusa.
Près de la voiture nous avons observé un coléoptère noir couvert de poils qui faisaient penser à des fils d’or. Très élégant et étonnant sous la loupe ! Mais pour l’instant nous sommes à la recherche de son nom...



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