20 juillet 2016 : Tignes, Col de la Baillettaz
Article mis en ligne le 24 octobre 2016

par Philippe Pellicier
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Ce compte-rendu a été rédigé par Monique Magnouloux et Philippe Pellicier.
Il fait très beau et très chaud ce jour là. Nous vouslons atteindre le col de la Baillettaz par le vallon de la Grande Sassière, puis prendre sur le barrage et direction le col.
But de la sortie : la Seslérie ovale (Sesleria ovata)- Déception, nous ne l’avons pas trouvée !

Lac du Santel dans la montée au col de la Baillettaz
Le lac au premier plan et au fond la pointe de la Grande Sassière

Atlas de la flore rare et protégée de Vanoise, p 156 : groupe d’épillets ovoïdes gris bleu, feuilles enroulées, larges de seulement de quelques mm et souvent mêlées aux feuilles sèches de l’année précédente, tige grêle de 10 à 20 cm, pelouses rocailleuses calcaires, croupes exposées au vent- en compagnie de Trisetum spicatum, Carex parviflora, Polygonum viviparum, Sesleria caerulea…
Endémique des Alpes centrales et orientales- ici en limite occidentale : Tignes, depuis le lac de la Sassière jusqu’au col de la Bailletaz- éboulis sous la Tsanteleina- petite station au-dessus du lac du Grand Creux- Val-d’Isère : belle station vers le plan des Nettes à Val-d’Isère.
Flora Gallica : Sesleria ovata (Hoppe)A.Kern.- lemme moins de 2,5 mm de long (arêtes exclues), 5 arêtes bien différenciées- 2400-3000 m- rochers et éboulis fixés.

La Réserve du vallon de la Sassière a été créée en 1973, en compensation d’une réserve déclassée pour l’aménagement de remontées mécaniques à Tignes. Le vallon est dominé sur la gauche par la pointe de la Grande Sassière 3747 m et en face par la Tsanteleina 3602 m.
Géologie variée, quartzites, calcaires, dolomites, gneiss, schistes… Flore intéressante, 20 espèces rares, dont douze Protégée au niveau national et huit au niveau régional.

Dans la réserve le long de la piste :

l’Armoise boréale

-l’Armoise boréale (Artemisia borealis), Armoise inodore, colonise les éboulis plutôt fins, les alluvions…Suisse, Italie, en France en Savoie (Tignes, Val-d’Isère, Bramans - Beaufortain) et dans les Hautes-Alpes. Protection Rhône-Alpes ;
- l’Astragale des Alpes (Astragalus alpinus), fleurs blanc violet, carène presque aussi longue que l’étendard, violette au bout- 8-12 paires de folioles, sur calcaire ;
- l’Astragale de Lienz (Astragalus leontinus) (Lienz se situe en Autriche), fleurs violettes- poils plaqués contre la feuille, poils médifixes (insérés sur la foliole par le milieu du poil), d’où aspect glauque et lisse- 6-9 paires de folioles, Alpes internes de la France (vallon de la Rocheure à Termignon- vallon de la Sassière en Tarentaise – qq observations à Peisey-Nancroix et à St-Martin-de-Belleville) à l’Autriche ;
- l’Astragale toujours vert (Astragalus sempervirens) dont les pétioles des feuilles se transforment en longues épines ;
- le Gaillet fluet (Galium pusillum), longue pointe au bout des feuilles (plus de 0,5 mm), touffes denses, feuilles par 7-9, sur calcaire ;
- l’Oxytropis de Suisse (Oxytropis helvetica =gaudinii), plante appliquée contre le sol, velue-soyeuse, aspect vert-blanchâtre, poils dressés, pétiole souvent lavé de rouge, 7-15 paires de folioles- fleurs violet terne sur un pédoncule plus long que les feuilles ;
- l’Oxytropis de Laponnie (Oxytropis lapponica), plante dressée, fleurs violettes, penchées après la floraison, gousse pendante, double pilosité sur le calice (poils noirs et poils blancs), kiki court, stipules soudées jusqu’à la moitié mais non soudées au pétiole, folioles à poils appliqués sur les deux faces ;
- le Silène prostré (Silene vulgaris ssp prostrata (incl. ssp glareosa), sur Binz, la Flore de la Suisse, ce sont deux sous-espèces différentes, mais dans Flora Gallica on indique : problème à revoir. feuilles plutôt larges, plantes alticoles, subsp. prostrata- feuilles plutôt étroites, plantes collinéennes, subsp. glareosa ;
- le Thym à pilosité variable (Thymus polytrichus), tige rampante à la base, extrémité du rameau stérile, poils pas sur les angles mais tout autour, les nervures secondaires des feuilles remontent en s’arrondissant au bord des feuilles, les feuilles du bas sont petites, elles forment une rosette, plus haut elles sont plus grandes, subalpin et alpin.

Du barrage au panneau « passage de Picheru, Val-d’Isère » :
- l’Achillée musquée (Achillea erba-rotta ssp moschata), les feuilles sont profondément découpées, en double peigne— (celles de la ssp erba-rotta sont indivises, dentées à l’extrémité - Atlas Vanoise p 7 : Hte Maurienne, Bonneval et Val d’Isère dans le vallon de Prariond et vers le col de la Bailletta (??)- il y a en Vanoise la ssp ambigua, d’origine hybridogène, morphologie foliaire intermédiaire).
- l’Amémone du Mont Baldo, Anemone baldensis, le Mont Baldo se situe sur la rive Est du lac de Garde ;
- le Gnaphale de Hoppe Gnaphalium hoppeanum, inflorescence penchée, bord des bractées involucrales brun foncé- sur calcaire- (G. supinum, inflo courte, dressée, sur silice)
- la Ligustique fausse mutelline Pachypleurum mutellinoides, le nouveau nom de Ligustuicum mutellinoides =Gaya simplex, une ombelle, un involucre.

Montée sous le lac du Santel :
- l’Agrostis des Alpes Agrostis alpina, rameaux de l’inflor.escence scabres (lisses chez A. rupestris) ;
- La Sabline fausse moehringie Arenaria multicaulis = Arenaria ciliata, Flora Gallica, RRR en Haute-Savoie, crête frontière près de Chamonix, Grandes Autannes, arête rocheuse dominant le col de Balme2200-2600 m, elle est plus facile à trouver en Savoie ;
- le Callianthème à feuilles de coriandre Callianthemum coriandrifolium, genre eurasiatique, une espèce en France, feuilles vert bleuté, calcicole- du grec kallos, beauté, anthemos, fleur ;
- le Céraiste à feuilles larges Cerastium latifolium, grandes fleurs, touffes lâches, éboulis calcaires ;
- la Gentiane orbiculaire Gentiana orbicularis, calice renflé a à ailes larges, feuilles obtuses, tend à former un coussinet avec l’âge ;
- la Potentille de Braun (Potentilla brauneana= dubia= minima), petite potentille des combes à neige, trois folioles glabres dessus, velues dessous sur les nervures ;
- le Liondent helvétique (Scorzoneroides pyrenaicus subsp. helvetica), le nouveau nom de Leontodon helveticus, plusieurs écailles dans la partie supérieure ;
- Le Trisète à panicule ovale (Trisetum spicatum ssp ovatipaniculatum), épi brun brillant- Alpes internes- R Pyrénées centrales et orientales, 2400-3300 m, éboulis schisteux fins.

Nous pique-niquons au-dessus du lac du Santel 2718 m, pas très loin du col.
- la Vergerette négligée (Erigeron neglectus), tige monocéphale, involucre velu-laineux, feuilles glabres, ciliées, fleurs filiformes présentes ;
- la Saxifrage fausse mousse Saxifraga muscoides, plante glanduleuse, pétales jaune clair, éboulis fins- Protection Nationale.

la Saxifrage fausse mousse
Ses pétales sont crème et échancrés

 

Descente jusqu’au lac et retour au parking par la rive gauche :
- l’Androsace helvétique (Androsace helvetica), sur un rocher à gauche en descendant, en fruits, coussinet dense, poils simples, préfère le calcaire- espèce de pleine lumière (A. pubescens, ombre)- Protection Nationale ;
- la Laiche faux jonc Carex maritima, au bord du ruisseau- Espèce « bipolaire » : Scandinavie, Andes, Terre de Feu- Alpes, Atlas marocain- Protection Rhône-Alpes ;
- Le Scirpe pauciflore Eleocharis quinqueflora, 3 stigmates, tige grêle, cylindrique, épi ovoïde, soies 6, persistantes, plus courtes que le fruit.

Quelques lichens :

Flavocetraria nivalis = Cetraria nivalis : thalle foliacé à fruticuleux, lanières presque planes jaune pâle, médulle blanche, jaune vif à la base- terricole, crêtes ventées.
Psora decipiens : thalle squamuleux, écailles rosées, apothécies noires, terricole, surtout sur sols calcaires.
Rhizocarpon geographicum, le lichen géographique, sur rochers siliceux.
Stereocaulon alpinum : aspect de chou-fleur, pseudopodétions gris.
Thamnolia vermicularis : thalle fruticuleux à rameaux cylindriques creux, blancs, fructifications inconnues (lichen imparfait), sur sols acides au-dessus de 1500 m.
Vulpicida tubulosus = Cetraria juniperina : thalle foliacé à fruticuleux jaune, médulle jaune, terricole ici mais il existe un écotype corticole.
Xanthoria elegans : thalle crustacé orange rouge, rosettes à lobes allongés, nombreuses apothécies, sur rochers, tuiles, souvent ornithocoprophile, partout, abondant en montagne, record d’altitude 7000 m dans l’Himalaya (Van Haluwyn).

Typhonia ciliaris
Un petit papillon de nuit rare...

Quelques papillons

Un petit papillon de nuit rare et que nous n’avions jamais observé Typhonia ciliaris. Il n’a pas de nom français. Il fait partie des Psychées, papillons dont les chenilles s’entourent d’un fourreau de terre, de tout petits cailloux ou de brindilles .

Un papillon commun le petit Argus (Plebejus argus). Observez sur le dessous des ailes postérieures les taches bleues métalisées caractéristiques des Plebejus. Le dessus se caractérise pour le petit Argus par des ailes bleu profond avec de larges bordures noires.

Le papillon qui est à côté sur la photo du bas est l’Azuré des soldanelles (Agriades glandon), papillon de haute montagne dont la chenille se nourrit des feuilles d’androsace.

Le petit argus

Nous avons aussi observé une Piéride du vélar (Pontia callidice) près du col. Un papillon de haute montagne assez gros noir et blanc dont la chenille se nourrit de crucifères.

Lac du Santel dans la montée au col de la Baillettaz ©photo Ph. Pellicier le Gaillet fluet ©photo Ph. Pellicier l'Armoise boréale ©photo Ph. Pellicier l'Astragale de Lienz ©photo Ph. Pellicier l'Astragale toujours vert ©photo Ph. Pellicier la Campanule alpestre ©photo Ph. Pellicier le Vélar suisse ©photo Ph. Pellicier l'Achillée musquée ©photo Ph. Pellicier Le Callianthème à feuille de coriandre ©photo Ph. Pellicier la Gentian orbiculaire ©photo Ph. Pellicier la Pédiculaire d'Allioni ©photo Ph. Pellicier la Saxifrage fausse mousse ©photo Ph. Pellicier Le tirsète en épi ©photo Ph. Pellicier La Seslérie bleue ©photo Ph. Pellicier Typhonia ciliaris ©photo Ph. Pellicier Le petit argus ©photo Ph. Pellicier

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